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Pneumologie - Asthme - Article - Scientifique

Des données longitudinales dans l’asthme professionnel

Alif SM et al. Thorax. 2026 Jan

4 minutes

Les expositions professionnelles à court terme à divers agents sensibilisants sont associées à une augmentation du risque d’asthme. Cependant, les effets de ces expositions à long terme restent insuffisamment étudiés.

 

Cette étude s’appuie sur la cohorte multicentrique européenne ECRHS, avec un suivi de 20 ans, pour évaluer l’impact des expositions professionnelles prolongées sur l’incidence de l’asthme chez l’adulte.  L’analyse a porté sur 5591 adultes, non asthmatiques au départ, suivis lors de trois vagues sur 20 ans (ECRHS 1, 2 et 3) avec un historique professionnel complet détaillé. Les expositions professionnelles ont été estimées à l’aide d’une matrice emploi-exposition actualisée, ciblant plusieurs agents sensibilisants. L’incidence de l’asthme était définie par l’apparition de symptômes ou la prise de traitement dans les 12 mois précédant chaque visite et a été estimée par des modèles de Poisson ajustés.

 

Les résultats ont montré que l’exposition à des sensibilisants à haut poids moléculaire (RR=1,31, IC95% : 1,15-1,63), à des irritants (RR=1,29, IC95% : 1,09-1,54) et à des biocides (RR=1,42, IC95% : 1,12-1,79) et aussi une faible exposition à des sensibilisants de bas poids moléculaire (RR=1,26, IC95% : 1,08-1,47), aux acariens (RR=1,48, IC95% : 1,12-1,94) et aux produits chimiques (RR=1,24, IC95% : 1,06-1,45) étaient associés à une incidence accrue de l'asthme. La proportion de cas d’asthme attribuable aux expositions professionnelles était estimée à 18% (IC95% : 16,9-19,4%).

 

L’étude met également en lumière l’augmentation de l’incidence de l’asthme liée à l’effet cumulatif des expositions à des agents microbiens tels que les moisissures, les champignons et les endotoxines. Une association significative a été observée entre l’exposition à la poussière de bois et l’incidence de l’asthme, corroborée par des données antérieures sur la réduction de la fonction respiratoire et l’augmentation des symptômes chez les travailleurs du bois. Les mécanismes biologiques impliqués incluent l’action toxique de certains composants du bois, comme l’acide abiétique et les terpènes, qui favorisent l’inflammation bronchique et la sensibilisation IgE-médiée. L’étude souligne que les professions impliquant l’utilisation répétée de désinfectants, d’agents de nettoyage ou de produits chimiques irritants présentent un risque accru de développement de l’asthme, probablement lié à la répétition des expositions et à l’inflammation chronique des voies aériennes.

 

En revanche, aucune association significative n’a été retrouvée avec l’exposition au latex ou à la farine dans cette analyse, contrairement à certaines études antérieures.

 

Ces résultats appellent, d’un point de vue de santé publique, à revoir les politiques de prévention, améliorer la surveillance des travailleurs à risque et à renforcer l’information auprès des employeurs et des professionnels de santé afin de réduire l’incidence de l’asthme d’origine professionnelle.

 

Lien vers l’article  : Abstract.

4 minutes