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Pneumologie - Asthme - Article - Scientifique

Prédiction des exacerbations d’asthme : l’oracle a encore parlé !

Meulmeester FL et al. Lancet Respir Med 2025 Jun

4 minutes

Une méta-analyse internationale, baptisée ORACLE2 (Oxford Asthma Attack Risk Scale 2), a analysé les données individuelles de 6513 patients asthmatiques âgés de 12 ans et plus, issus des groupes témoins de 22 essais contrôlés randomisés menés entre 1993 et 2021. La cohorte était constituée à 92% de patients atteints d'asthme modéré à sévère, avec 64% de femmes et un âge médian de 50 ans, et qui avaient ou non reçu un traitement par faible dose de corticostéroïdes inhalés avant la randomisation. Les patients ayant initié un traitement par corticostéroïdes après la randomisation ont été exclus de l’analyse. L’objectif était de quantifier précisément les facteurs prédictifs d'exacerbations sévères d'asthme, avec un focus particulier sur les biomarqueurs de l'inflammation de type 2.

 

L'étude a compilé 4615 exacerbations survenues au cours de 5482 personnes-années de suivi, soit un taux annualisé de 0,84 exacerbation par personne-année. Dans cette analyse, l'élévation du taux d'éosinophiles sanguins ou de la fraction expirée du monoxyde d'azote (FeNO) est associée à un risque élevé d'exacerbations, avec des risques relatifs ajustés respectifs de 1,48 (IC95% : 1,30-1,68) et 1,44 (IC95% : 1,26-1,65) pour chaque augmentation de dix fois de ces biomarqueurs.

 

Cette étude révèle également un effet synergique entre les éosinophiles sanguins et la FeNO, les patients présentant conjointement des taux élevés des deux biomarqueurs ayant un risque multiplié par 1,47 comparativement à ceux avec des niveaux bas. Cependant, une réversibilité bronchodilatatrice modérée (entre 0 et 25%) était associée à une réduction du risque d'exacerbation sévère (RR=0,93 par augmentation de 10%). Les autres facteurs analysés étaient l'antécédent d'exacerbation dans l'année précédente qui représentait le facteur de risque le plus puissant avec un RR de 1,94 (IC95% : 1,61-2,32), suivi par la sévérité de la maladie (RR=1,57 pour asthme sévère versus modéré), la diminution du VEMS (RR=1,11 par baisse de 10%) et l'aggravation des symptômes selon l'ACQ-5 (RR=1,10 par augmentation de 0,5 point).

 

Ces résultats, issus d'essais multinationaux, plaident pour l'intégration systématique des biomarqueurs inflammatoires de type 2 dans la stratification du risque clinique, ouvrant la voie à une prise en charge personnalisée et préventive de crise d’asthme basée sur le phénotypage inflammatoire plutôt que sur les antécédents d'exacerbations seuls.

 

Lien vers l’article : Article en accès libre

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